Adoration, pour être en communion avec le monde

Publié le par Nicolas Buffet

Un mystère de communion
par Nicolas Buttet

Les deux précédents articles ont présentés l'adoration respectivement comme Mystère du regard et comme se situant à la source d'où jaillit l'eau vive, le coeur ouvert de Jésus. dans cet article, nous verrons que  l'adoration eucharistique nous met également en communion avec l'humanité tout entière en attente du salut


L'
adoration, même si elle est personnelle, n'est pas un « entre-soi » entre Dieu et moi. Elle ne peut pas ne pas être « communionnelle ». L'adoration eucharistique prolonge l'action de grâce pour la communion qui a été vécue et prépare à la communion suivante. Elle est mystère d'une communion perpétuelle.

Qui dit communion dit union à Dieu et communion entre nous. On ne peut pas communier au corps du Christ sans communier aux frères et soeurs. Cela peut être une tentation, aujourd'hui, d'adorer « pour soi ». Or, en allant adorer Jésus au Saint-Sacrement, on pose un acte ecclésial par excellence. En adorant seul le SaintSacrement, je « mets en branle » l'univers entier, l'humanité entière. Comme disait le père Julien Aymard : « Je fais travailler Jésus au Saint-Sacrement. » Je permets le rayonnement de la grâce. Le prophète Malachie dit : « Le soleil de justice brillera, portant la guérison dans ses rayons. » Ce soleil de justice qui brille, c'est Jésus hostie, et la guérison qu'il apporte concerne l'humanité tout entière souffrante et blessée, au purgatoire et sur la terre. C'est tout le mystère de l'Église qui est là.

Une irradiation d'amour

À l'adoration eucharistique, je m'unis à l'Église triomphante présente, rassemblée autour de l'Agneau et se prosternant devant Lui (cf. Ap 5). Je porte avec elle l'Église souffrante et militante. Je suis au coeur même de la rédemption du monde que Dieu a voulu opérer dans le Christ, tête et corps, c'est-à-dire Jésus en personne et son Église. On est à une charnière de la communion : le rayonnement de Jésus dans l'Eucharistie dépasse les frontières de l'Église, des pays et va rejoindre dans les endroits les plus secrets, les plus souffrants et tragiques, les coeurs et les âmes ouverts, le connaissant ou non. Du seul fait du Saint-Sacrement exposé, se produit une irradiation de l'Amour de Dieu guérissant. Dieu veut toujours associer l'homme au mystère de l'oeuvre de sanctification, à la diffusion de sa grâce et l'adoration eucharistique est l'une des manières par laquelle il opère cette rédemption.

Les Moïse de ce monde

Soeur Faustine disait que quand elle communiait, il lui semblait que le salut de l'univers entier ne dépendait que d'elle. Une fois qu'elle avait reçu Jésus en elle, elle ne faisait plus qu'un avec lui, l'unique Rédempteur et médiateur entre Dieu et les hommes. Or, Jean-Paul II dit que « quand nous adorons le Saint-Sacrement, nous effectuons une communion spirituelle ». On est en droit de penser que « la valeur de grâce » d'une telle communion est plus grande qu'une communion faite sans ferveur et sans désir. Quand j'adore, par le désir que j'ai que le Christ soit connu, aimé, loué et servi dans le monde, par le désir ardent que j'ai que toute l'humanité soit sauvée, je permets à Dieu d'opérer le miracle de la rédemption et de la sanctification. Et cela, c'est extraordinaire ! Nous sommes les sentinelles, les veilleurs, devant le Saint-Sacrement, du salut du monde. Ainsi, nous permettons à Dieu d'opérer ce qui lui tient tellement à coeur : qu'aucun homme ne se perde, que tous soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité.

« Le soleil de justice brillera,
portant la guérison
dans ses rayons »

(d'après Malachie)

Je suis là en ambassade de l'humanité devant le Christ dans l'eucharistie, un peu comme Moïse intercédant pour le peuple sur la montagne. Lorsque Moïse baissait les bras, le peuple perdait ; lorsqu'il levait les bras, le peuple gagnait. C'est ce qui se passe à l'adoration. Nous sommes les Moïse de ce monde. Devant les combats que mène le monde, devant la guerre, la violence et le combat spirituel dont les autres ne sont qu'un pâle reflet, nous sommes Moïse sur la montagne devant le buisson ardent (l'eucharistie) qui intercède pour l'humanité entière.

Avec toute l'humanité

À l'adoration, on est désapproprié de soi. On échappe ainsi à l'individualisme ambiant. Je vois au-delà de mon moi, de mes problèmes, des frontières de l'Église, des frontières de ma famille, de mon pays, l'humanité que Dieu a tant aimée qu'il a envoyé son Unique non pas pour la juger mais pour qu'elle soit sauvée.

N'est-ce pas une motivation énorme pour aller à l'adoration que de se rendre compte que je ne suis plus seul en cause ? J'y vais désormais parce que l'humanité continue de souffrir et je ne peux pas baisser les bras tant que le Christ est les bras en croix sur la terre, à travers tous ceux qui souffrent.

L'adoration prend alors tout son sens et l'on comprend pourquoi elle est au coeur du monde nouveau.

Il est Vivant ! Tiré du n°188 - novembre 2002 de la revue Il est Vivant !
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