Le Discernement des Esprits

Publié le par lumpungu

Le don du discernement des esprits

 

Deux dons à ne pas confondre

On parle souvent du «don de discernement» comme s'il était synonyme avec le don de «la parole de sagesse». Pourtant, il est évident que les deux facultés sont distinctes, car Paul les place toutes les deux dans la même liste de dons (1 Cor. 12:8-10). Il place la parole de sagesse en parallèle avec la connaissance et la foi, alors qu'il voit le discernement des esprits en rapport avec les dons de la prophétie, des langues et de l'interprétation (grec: la traduction) des langues.

La «parole de sagesse» est donnée, semble-t-il, pour l'édification des croyants par l'application de la Parole de Dieu à des situations particulières, de manière à compléter et équilibrer le travail de l'enseignant; c'est peut-être tout spécialement ce don qui permet au berger de bien faire son travail pastoral. Cette sagesse, qui lui est accordée par Dieu, comprend certainement une grande part de discernement, ce qui fait que beaucoup le confondent avec le don de discernement proprement dit

«Les discernements des esprits»

Pourtant, le «don du discernement, que Paul a en vue dans ce passage est autre chose, car l'apôtre ne l'appelle pas ainsi, il précise qu'il s'agit du discernement des esprits. Il le désigne textuellement: «les discernements (au pluriel) des esprits» (grec: diakriseis pneumatôn).

Paul ne fait qu'une seule fois allusion à ce don (1 Cor. 12:10). Le fait qu'il le situe parmi les dons de prophétie, de diversités de langues et d'interprétation des langues rend ce don particulièrement important dans le contexte de 1 Corinthiens 14 où Paul fait justement la comparaison entre ces trois dons et où il en étudie l'utilité relative.

La nécessité de discerner

Depuis les temps les plus anciens, il existe des faux prophètes. Dans l'Église aussi --comme Paul, Pierre et le Seigneur Jésus luimême le prévoient-- des faux prophètes surgissent, des hommes qui parlent au nom de Dieu en se réclamant de l'inspiration du Saint-Esprit, tout en prophétisant des faussetés. C'est pourquoi, Paul insiste pour que ceux (grec: le reste, les autres) qui écoutent la parole jugent de ce qui est dit; le verbe grec étant diakrinein qui signifie précisément; discerner, faire une distinction, examiner, décider, juger (1 Cor. 14: 29).

Mais alors! Si la parole d'un prophète doit être contrôlée par ceux qui entendent, à combien plus forte raison une parole en langue inconnue doit-elle être examinée, scrutée, sondée, éprouvée!

Pourtant, I'auditoire saura difficilement se prononcer au premier abord, puisque le sens du langage n'est pas évident. Même s'il est accompagné d'une «interprétation» ou plutôt, d'une «traduction» vraie ou fictive, encore l'assemblée a-t-elle le devoir de discerner, d'examiner, de décider de l'origine et de la valeur des deux choses. C'est là que le don «des discernements des esprits» devient utile, précieux. A certains croyants, Dieu accorde une sensibilité, une sagesse, une profondeur spirituelle et une compréhension de la vérité qui leur permet de discerner l'origine de l'esprit agissant sur l'un ou sur l'autre. Mais ceux qui exercent le véritable don des «discernements» basent toute leur procédure et leurs conclusions sur la Parole de Dieu.

Les mauvais esprits sont tellement subtils qu'ils parviennent à confondre l'intelligence humaine en faisant passer l'erreur pour la vérité. Le mensonge diabolique est presque toujours présenté sous une enveloppe de vérités.

Comment un homme peut-il atteindre la sagesse spirituelle qui rendra possible un jugement sûr dans des cas semblables? Je crois que ce don de discernement se développe chez ceux qui vivent dans l'intimité avec Dieu: c'est la conséquence d'un approfondissement de la Parole entière de Dieu et d'une révélation de la face de Dieu dans la prière. Que Dieu nous donne de ces hommes et de ces femmes doués d'une vision claire et certaine ! L'Église en a terriblement besoin.

Discerner face à l'occulte

Poussons cette question un peu plus loin. Ceux qui sont engagés à fond dans l'oeuvre de Dieu, surtout dans l'évangélisation et la cure d'âme, rencontrent tôt ou tard chez les gens toutes sortes de problèmes et d'obstacles mentaux, psychiques, spirituels et psychosomatiques (où le physique et le psychique s'entremêlent). A présent (j'écris en 1981), une forte proportion des personnes que nous avons évangélisées en Europe --surtout les plus jeunes-- semblent avoir été, consciemment ou non, en rapport avec le monde occulte. Dans certaines parties du monde, le chiffre serait beaucoup plus élevé encore. Il ne suffit pas toujours de prêcher la vérité à ces personnes: tout en étant convaincues, celles-ci sont parfois incapables de faire le «pas» décisif; elles sont retenues par des puissances invisibles qui refusent de les lâcher. Elles ont besoin d'être aidées, surtout par la prière efficace d'un ou de plusieurs croyants, pour être enfin libérées de leurs chaînes invisibles. C'est évidemment le devoir de chaque assemblée de prendre de tels cas au sérieux. Il est vrai que l'exorcisme est une activité très spéciale qui nécessite donc beaucoup de prudence, accompagnée d'une autorité spirituelle authentique. Dieu emploie certains de ses enfants plus que d'autres dans ce domaine. Pourtant il me semble que tout enfant de Dieu engagé et sanctifié devrait pouvoir le cas échéant, faire face victorieusement aux puissances des ténèbres. Il est toutefois souhaitable que l'assemblée toute entière s'unisse dans la prière pour appuyer cette délivrance, qui est ainsi accélérée et puissamment renforcée.

Cet enseignement  n'étant pas concerné par la question de l'exorcisme, je me contente ici de souligner l'importance du discernement des esprits et du don particulier que Dieu accorde dans ce but. Aujourd'hui, il existe une telle confusion de doctrines et de pratiques dans l'Église que l'utilité de ce don paraît de plus en plus évidente; nous avons tellement besoin d'hommes qui discernent quels sont les esprits qui inspirent les prédications, qui agissent sur les individus, qui formulent les directives.

L'ignorance des Écritures, si coupable et si répandue dans notre christianisme contemporain, provoque un peu partout la confusion des idées. Quand, au milieu de ce fatras, apparaissent des personnes insistant sur la parole inintelligible, nous sommes en droit de demander à Dieu une lumière pour éclairer nos ténèbres, une véritable action du Saint-Esprit nous permettant de faire une distinction absolue entre les vrais dons et les faux, entre la lumière et les ténèbres, entre l'incertitude et la voix claire de notre Sauveur. Les vraies brebis, rachetées par le sang de Christ, connaissent la voix de leur maître.

O divin Berger! Fais connaître aujourd'hui ta voix ! Envoie-nous des hommes ayant un vrai don spirituel qui permette de discerner les esprits, de différencier entre le vrai et le faux !

Pour être pratique

Le sujet du présent enseignement étant «le don de parler diverses langues», c'est surtout dans ce contexte que nous avons à prendre en considération «le don des discernements des esprits». Afin de venir en aide de façon pratique à ceux qui ont des difficultés dans ce domaine, je donne ici quelques conseils que j'estime très nécessaires.

Voici quelques-unes des caractéristiques des faux esprits !

-- L'Esprit de Dieu s'accorde avec la Parole de Dieu, qui est la sienne. Il confirme et appuie l'autorité absolue de l'Écriture sainte. Tout esprit d'insoumission qui conteste l'autorité de l'Écriture, ou qui s'élève en autorité parallèle ou supérieure à l'Écriture, est manifestement faux.

-- Dieu nous ordonne d'éprouver les esprits (1 Jean 4:1-3). Un refus devant ce commandement explicite est donc immédiatement suspect. L'Esprit de Dieu, au contraire, ne s'esquive pas vis-à-vis d'un tel examen, il invite l'épreuve, à condition, bien sûr, que l'enquête se fasse en conformité avec les Écritures et avec un coeur absolument sincère, droit et honnête. «Tenter» l'Éternel est évidemment un péché grave (Matth. 4:37); mais lui-même demande d'être «mis à l'épreuve» sur la base de sa propre Parole (Mal. 3:10). Et il répond. Si la personne en question refuse d'éprouver ou de laisser éprouver selon l'Écriture l'esprit de la langue qui parle en elle, c'est déjà un mauvais signe.

-- Un esprit orgueilleux ne vient pas de Dieu. L'Esprit de Dieu et l'Esprit de Jésus, nous enseignent que l'humilité est la marque de la véritable grandeur spirituelle. A ce propos, nous aurions besoin de lire une fois de plus -- et à genoux -- le chapitre 18 de Matthieu. Christ dit que le plus grand dans son royaume est celui qui est prêt à être l'esclave de tous (Matth. 18:4; 20:25-28; Nom. 9:35; Jean 13:1-5; 12-17). L'homme spirituel est conscient de sa propre insuffisance, il ne méprise pas son frère.

-- L'Esprit de Dieu ne divise pas le corps de Christ; il en unit les membres. Tout esprit qui provoque une division entre frères est suspect. Il y a un seul Esprit de Dieu, un seul Seigneur Jésus, un seul corps, un seul Père céleste (Éph. 4:4-6). L'Esprit de Dieu ne détruit pas l'unité divine. A ce propos, que faut-il penser des innombrables divisions qui ont éclaté entre chrétiens un peu partout à cause de la glossolalie?

J'éprouve moi-même une douleur profonde à la pensée des très chers frères et soeurs que j'ai connus autrefois et avec qui j'avais une communion spirituelle précieuse... jusqu'au jour où ils ont changé de doctrine sur cette question. Pourquoi est-ce que je ne les vois plus? Pourquoi ne m'envoient-ils plus de leurs nouvelles? Je souffre grandement de leur silence. Une telle déchirure ne peut pas venir de Dieu. Elle est l'oeuvre de l'ennemi. Si l'esprit auquel on a affaire ne produit pas un véritable amour pour tous les frères en Christ, nous pouvons discerner tout de suite un élément étranger à la vérité.

Publié dans Assemblée de prière

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