Problème de l'occultisme

Publié le par lumpungu

Problème de l'occultisme

Par le Dr Philippe Madre

        Un abrégé d'une conférence donnée pour la FONDATION MÉDICALE AGAPÈ par le Dr Philippe Madre, au Centre Hospitalier de Granby au Québec en 1980. Le Dr Madre est l'auteur du livre: « Mais délivre- nous du Mal». La rédaction de ce livre lui avait été demandée par Marthe Robin afin de jeter de la lumière sur les problèmes de l'occultisme.

       Je suis assez jeune, je n'ai même pas trente ans; j'ai terminé mes études il y a six ans et je les ai faites en France, à Nancy. Indépendamment de toute spiritualité personnelle, j'avais été frappé par le fait que certains troubles psychiques ou psychosomatiques n'étaient pas rejoints par ce que pouvaient leur présenter les hommes au plan d'une solution thérapeutique et l'essence même de ce qu'ils souffraient. C'est resté pour moi une interrogation ...

        J'ai fait personnellement l'expérience d'un basculement dans la spiritualité chrétienne. J'ai assisté à la guérison immédiate d'une jeune fille schizophrène de longue date. J'en ai été complètement bouleversé au plan scientifique, enfin psychiatrique.

        À partir de là, j'ai fait un cheminement personnel tant au plan de l'exercice médical qu'au plan d'une spiritualité chrétienne catholique. Avec plusieurs autres confrères et des infirmières, psychologues et assistantes sociales, orthophonistes, on a essayé il y a trois ans, de mettre au point un centre thérapeutique qui accueillerait surtout des pathologies psychiques ou psychosomatiques. Alors le grand intérêt de ce centre, qui comprend une quinzaine de personnes, c'est que toutes les familles des thérapeutes et des soignants vivent sous le même toit. Ainsi on a pu se pencher plus en profondeur et plus en permanence sur la pathologie psychique ou psychosomatique. On a tiré plusieurs conclusions. Certaines avaient déjà été faites par Victor Frankell, un psychiatre autrichien qui exerce beaucoup aux États-Unis, qui qualifie 20% de la pathologie psychique, dans les pays industrialisés, d'une pathologie existentielle, c'est-à-dire que l'homme souffrirait d'abord d'un manque de sens à sa vie. Les événements de sa vie se dérouleraient sans signification, sans finalité, et cette absence de sens, de finalité serait susceptible d'engendrer, avec certaines circonstances fragilisantes, une pathologie d'ordre névrotique ou d'ordre psychotique.

        On s'est aperçu que dans ces catégories, si on essaie de faire comprendre à l'homme que les événements de sa vie ont un sens, une finalité, que lui-même a une finalité, il y a une guérison assez rapide, sur quelques semaines, de beaucoup de syndromes assez multiformes.

        Dans les cas d'une pathologie pure, classique, typique sur laquelle se surajoute un problème de sens, on s'est rendu compte que là aussi, en essayant de faire saisir à la personne certaines de ses richesses, dans le sens d'une finalité personnelle, il y avait déjà une nette amélioration.

        C'est un premier point sur lequel nous sommes en train de fonder toute une nouvelle technique de psychothérapie qui consiste à faire prendre conscience à la personne qu'elle n'est pas livrée au seul hasard, mais que ce qu'elle vit est susceptible d'avoir une signification profonde et valorisante. Il faut avouer que cela implique une entrée dans une certaine vision de foi chrétienne.

        Dans la genèse de troubles psychiques très particuliers - certains ont d'ailleurs un halo bizarre qui ne ressemble pas aux psychoses ou au tableau assez classique de dissociation -il y a un élément en plus. Je pense par exemple à toute la pathologie que nous rencontrons de la fréquentation immodérée de techniques de méditation orientale. Je veux parler du yoga, du zen, encore plus de la méditation transcendantale. Au départ je n'avais pas d'opposition précise, et au plan religion, je n'avais rien à dire. J'exerçais mon travail de médecin. J'ai été amené devant tous les cas constatés qui sont ratifiés par d'autres groupes médicaux, à poser une interrogation sur la fréquentation de ces techniques de concentration mentale qui nous viennent d'Orient, pour lequel un psychisme occidental semble peu favorable, et dont le surgissement, le jaillissement d'une certaine pathologie n'a pas les critères classiques.

        On s'est aperçu dans les cas de ces fréquentations-là, que si la personne en cours de thérapie psycho-spirituelle était redressée, si elle acceptait que cette fréquentation-là de religions orientales ou même de sciences occultes n'allait pas dans le sens d'une finalité de l'homme, d'une finalité satisfaisante pour lui, nous assistions à une stabilisation pour ne pas dire une guérison de troubles psychiques extrêmement anciens, en quelques heures ou en quelques jours. À partir des résultats, nous avons été amenés à méditer, à réfléchir sur la corrélation entre le yoga et la névrose obsessionnelle ...

        Tout le domaine de la fréquentation des sciences occultes fait fureur en France. Beaucoup de personnes viennent nous consulter en tant que médecins classiques. Lorsqu'on pose la question: est-ce que trois mois avant cette première tentative subite d'autolyse, n'avez-vous pas été en contact avec une forme ou une autre d'occultisme ? Il y a souvent une réponse positive.

        Il semble que la dimension spirituelle de tout homme - je crois que c'est une donnée maintenant assez reconnue en psychiatrie - est susceptible à travers la fréquentation des sciences occultes, d'être assez pervertie et d'entraîner vraiment des symptômes, une psychopathologie toute particulière.

        Dans cet occultisme qui met en jeu la dimension spirituelle de l'être humain, on a été amené à envisager la genèse de certains troubles psychiques ou psychosomatiques en rapport direct avec la vie spirituelle de la personne. Je ne parle pas de la vie religieuse, parce que des personnes fréquentent l'occultisme, le yoga ou le zen, sans but religieux particulier. Qu'elles le veuillent ou non, leur dimension spirituelle personnelle, au plan anthropologique pur, est mobilisée, avec des conséquences très particulières. Alors le problème est particulièrement aigu dans les milieux religieux où la dimension spirituelle, religieuse, est particulièrement mobilisée par une forme de consécration. La dimension spirituelle de la personne étant plus motivée, plus mobilisée, elle imprègne plus un psychisme que chez une personne qui a moins de vie religieuse. Une perversion est susceptible d'être beaucoup plus pathogène. Il y a quelque chose qui doit nous interpeller, d'autant plus que depuis quelques années, on assiste à une recrudescence intense de toutes ces pratiques occultes.

        Je pense au dernier cas que nous avons rencontré. Une personne souffrant d'un «angor» très prononcé qui l'handicapait énormément et qui parallèlement fréquentait depuis vingt-cinq ans les sciences occultes d'une façon très sérieuse et concrète. Cet «angor» allait en crescendo chaque fois que cette personne se fendait à une séance de sciences occultes. Il y avait eu des bilans cardiologiques très sérieux, en milieu hospitalier, qui avaient constaté 1'«angor», sans trouver une étiologie satisfaisante. En deux heures exactement, cette personne a été débarrassée de son «angor» et de tous les troubles fonctionnels qui en découlent.

 

Question; La spiritualité a un rôle à jouer dans la thérapeutique. Vous revenez toujours au christianisme. Êtes-vous capable de traiter un musulman, un juif ? Quelle est la finalité dont vous parlez ?

Réponse: Je suis chrétien; j'aurais pu être musulman ou juif. J'aime ces autres religions. C'est l'aspect foi qui est important. Avec les données des évangiles, avec les données de l'Église, la religion chrétienne est la plus illuminatrice sur ce qu'est l'homme dans sa finalité. La finalité de l'homme est toujours d'ordre divin. Le problème par rapport à l'Orient, c'est le problème du moyen. Justement celui qui essaie d'investir sur le moyen, investit dans une optique thérapeutique. Ce que j'ai remarqué au plan anthropologique et finalité de l'homme, à travers les religions d'Orient, c'est une dilution progressive de l'homme dans l'Être, «l'Atman», le Souffle, l'Être sublime, suprême. Ce qui est très curieux, c'est qu'en psychopathologie, on aboutit à une dilution de son identité propre. Des travaux scientifiques, médico-scientifiques faits dans plusieurs universités aux États-Unis aboutissent aux mêmes conclusions. La personne est de plus en plus diluée dans son identité, elle se perçoit de moins en moins, en tous cas, comme relationnelle. Vous retirez la relation à l'homme et vous n'en faites plus un homme. De plus en plus, la personne centrée sur elle-même accepte de moins en moins les critères externes, les critères de la société dans laquelle on vit, les critères de moralité, les critères quels qu'ils soient, et de plus en plus apprend à ne vivre que sur des critères personnels. Cette confusion progressive au plan pathologique, ce trouble du jugement sur soi-même, cette évaluation de plus en plus étriquée de soi, où les autres comptent de moins en moins, aboutissent parfois à un véritable tableau psychotique.

La finalité, (dont je parle), ce n'est pas Dieu; c'est l'homme, mais l'homme tel que Dieu le veut, ce qui est différent ! Le christianisme dirait, c'est l'homme glorifié, c'est l'homme réordonné, c'est l'homme débarrassé de toutes les torsions internes, psychiques ou même somatiques et spirituelles.

 

Question: Autrement dit, si vous avez un patient à «appeler», vous ne lui parlerez pas de Jésus ?

Réponse: Non ! En tout cas, pas initialement et surtout pas dans un but de le convertir parce qu'on n'est pas du tout évangélisateur. Notre clientèle, de plus en plus, est issue du milieu religieux. Ces personnes voient se dissoudre les motivations, pour lesquelles elles s'étaient consacrées. Par exemple, c'est une pathologie extrêmement fréquente: un religieux, une religieuse, un prêtre qui fréquente des techniques occultes quelles qu'elles soient, progressivement, s'ils le font sérieusement, seront envahis de façon paroxystique, de pensées obscènes, de pensées perverses surtout dans les moments très importants de la vie religieuse. Ce qui les angoisse énormément. Qu'est-ce qui se passe? Il y a la genèse d'un mal psychique qui se fait par le biais de certaines fréquentations. Lorsque les personnes proposent elles-mêmes de se «soumettre» à cette psychothérapie de la dimension spirituelle de l'homme, les troubles se résorbent en quelques semaines maximum.

 

Question: Ce qui est intéressant dans votre approche, c'est qu'elle se veut scientifique, intelligente, logique. Vous faites raisonner le patient, vous lui faites réaliser la spiritualité.

Réponse: Même une personne athée est contente de collaborer à la mise en jeu de sa propre dimension spirituelle. On surprend un peu le panorama de sa vie... Il semble bien que ce soit une motion d'ordre spirituel et non pas psychique ou affective qui ait engendré telle chose, tel phénomène. La personne est toute surprise et finalement contente de constater l'existence d'une sorte de moteur spirituel en elle. Ce qui est religieux, ce n'est pas une étiquette, ce n'est pas une pratique religieuse. Il est sûr que le christianisme est quand même pour nous fondamental en notre optique.

 

Question: Dans quelle section des sciences occultes avez- vous fait des recherches ? Y-a-t-il eu plusieurs recherches sur différents sujets, tel le spiritisme? ...

Réponse: Oui. Vous voulez dire: à quelle forme d'occultisme, quelles pathologies particulières ? Avant de nous envoler pour le Québec, nous avons reçu en consultation une personne qui venait pour une pathologie d'ordre fortement névrotique, avec de multiples tentatives autolytiques et surtout une angoisse insurmontable permanente et des phénomènes même d'ordre presque paranormaux. On s'est aperçu que tout remontait à une chose aberrante. Elle avait trente-quatre ans. À quatorze ans, elle a consciemment et volontairement fait un pacte avec Satan. En fait, il y avait un acte très important d'occultisme, assez direct. Toute la thérapie psycho-spirituelle centrée là-dessus, a obtenu une cessation des troubles en dix jours, et une redécouverte  «humaniste», une amélioration de ses symptômes psychiques, une découverte de son identité, de sa personnalité, de ses richesses propres.

 

Il y a le vaste domaine du spiritisme. Dans l'ordre décroissant de gravité, de caractère pathogène: il y a les cultes sataniques, la radiesthésie, l'hypnose. Je ne dis pas que toute personne qui fréquente ceci ou cela s'expose d'emblée à une pathologie ultérieure; il faut noter la corrélation évidente. Elle a une chance sérieuse de voir des troubles particuliers surgir, d'autant plus particuliers qu'ils sont susceptibles d'être résorbés en peu de temps, si les choses sont traitées en mobilisant aussi la dimension spirituelle de la personne.

 

Question: Dangers de l'hypnose chez des jeunes - au Cegep par exemple -face à un hypnotiseur, devant un groupe de 200 étudiants ?

Réponse: C'est très connu en parapsychologie, les techniques de l'hypnose. À ce niveau-là, au plan de l'hypnose,  cela dépend de beaucoup de choses: de la fragilité psychique de la personne, de l'hérédité psychique ou spirituelle et de bien d'autres facteurs. Chez certains de ces enfants, c'est une pathologie d'angoisse qui surgit, assez irraisonnée et qui ne correspond pas à grand-chose. Les plus grands dangers que j'ai rencontrés au plan médical, c'est une personne qui hypnotise une autre, même pour s'amuser, et chose difficilement explicable, ne réussit pas à la ramener à la vigilance. Dans les hôpitaux psychiatriques, on a parfois des personnes où le tableau fait penser à une schizophrénie extrêmement prononcée avec un sujet grabataire presque revenu à une vie végétative, et en fait on apprend qu'il n'a pu être ramené à la vigilance. En France, la psychiatrie ne pratique plus l'hypno-analyse ou d'autres formes d'hypnose dans une visée thérapeutique, en constatant les dégâts.

Publié dans Assemblée de prière

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(Clovis Simard,phD) 09/02/2011 14:40



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