Adoration
Que « faire » à l'adoration ?
par Nicolas Buttet
Charles de Foucauld disait : « Quelle joie, mon Dieu ! de pouvoir passer 18 heures devant toi, en n'ayant rien d'autre à faire que te dire que je t'aime, ô Jésus, ma joie ! » Saint Julien Aymard dit quant à lui : « Quand vous allez adorer, ne commencez pas par lui parler de vous. Il sait tous vos problèmes, vos difficultés. Commencez par lui parler de lui. » « Tu es là, merci ! Quelle joie de te voir Jésus ! Tu m'as réservé une place au ciel, en ce moment ! Merci pour ta maman qui est là... » Autour du Saint Sacrement, Marie, les Anges, tout le Ciel est là puisque le Ciel, c'est Dieu, que le Ciel est en Dieu et que Dieu est là. L'adoration est le lieu de ce qu'on appelle les oraisons jaculatoires. « Seigneur, je t'aime, Seigneur, je t'adore, etc. » Puis on laisse descendre cette phrase au fond de notre coeur. Et une fois que l'imagination part ailleurs, on peut en dire une autre. Parfois, je dis beaucoup de phrases pour que ma pensée ne soit pas occupée ailleurs et d'autres fois, je n'en dis que très peu.
L'adoration est un mystère d'amour : deux amoureux qui se regardent dans les yeux n'ont pas à se dire grand-chose. Ils s'admirent, ils se plaisent, ils se chérissent et leur regard en dit plus long que tous les mots de la terre. De temps en temps, ils disent : « Tu sais, je t'aime. Tu es beau. Tu es un trésor pour moi. Si je ne t'avais pas rencontré, je serais mort... » Pas besoin d'être Verlaine, pour parler à celui qu'on aime ! Ne prenons pas de livre. Parlons-lui pauvrement. Il préférera nos pauvres mots maladroits que les plus beaux textes du monde. Car ce que veut Jésus, ce sont des mots d'amoureux. Et même si l'amoureux n'est pas Verlaine, il est heureux.
Enfin, dans l'adoration, on peut, par le regard et par le coeur, plonger dans l'océan de miséricorde qu'est le coeur du Christ.